Le grand Rachid Taha – Now or Never. feat. Jeanne Added
Eral Inci Gif.


via Colossal.
Art of cinema
Quand le bâtiment va, tout va.
L’architecte Rudy Ricciotti mis en examen pour des travaux dans sa villa.
L’article de La Provence.
Le pitch : Villa. Site classé. Presqu’île Cassis. Travaux d’agrandissement. Pas de permis de construire. Entreprise maçonnerie. Toulon. Dépôt de bilan. Travail non déclaré. Pas factures. Fraude Urssaf. Fraude fisc. Fraude droit du travail. Travailleurs étrangers. Situations irrégulières. Chèques en blanc. Argent liquide. Dimanche. Mano à la palucha. Mise en examen. Rudy nie en bloc. Comme chantait Noir Désir : Un ange passe.
Does good music need to be good ?
Excellente analyse critique de l’album événement médiatique planétaire Random Access Memories de Daft Punk par Sasha Frere-Jones dans le New Yorker. ICI. Dont il découle une bonne question : » Qu’est-ce qu’on écoute au juste quand on écoute de la musique aujourd’hui ? »
Rinko Kawauchi.
Austerloo, panne de vapeur au J4.
D’accord la météo était fraîche, mais quand on part avant la fin, et je n’étais pas le seul, c’est que que le spectacle ne fonctionne pas.D’abord c’est agressif. La « musique » de Generik Vapeur est brutale et la sono est pénible. Tantôt une voix vocifère façon Nina Hagen, tantôt une autre récite des litanies hermétiques à propos de parthénogénèse et de grenouilles. Des acteurs perchés déclament volontairement mal la tirade usée de Hamlet avant de se disputer. Ce genre de sketch alterne avec des séquences « féériques » usées jusqu’à la corde. Toutes sortes de machins sont successivement suspendus à une grue – un ptérodactyle, un avion, le Titanic, une voiture -, et passent et repassent au-dessus de la foule en lâchant des nuées de petits papiers qui scintillent dans la lumière des projecteurs pour faire joli. Des silhouettes suspendues à des filins montent et descendent le long de l’ Omni IdEal X, sorte de golem-moloch de l’économie de marché, né d’un assemblage de conteneurs sur lesquels on projette (évidemment…) des images géantes. Un gag : depuis le haut du golem on asperge la foule. Un gag : le golem fait du pipi vert.
Pour (r)éveiller les consciences assoupies on diffuse au mégaphone façon grand meeting mélenchono-alter-écolo-libertaire des propos forts sur la mauvaise marche du monde (finance sauvage, mondialisation incontrôlée, immigration refoulée, démocratie bafouée, printemps arabes réprimés, réchauffement climatique débridé, etc.). On projette le masque de Guy Fawkes popularisé par les Anonymous. Autre message choc, on évoque brièvement que Margaret T. étant décédée on pourra désormais ranger son vélo « dans son cul » (sic).
« Waterlitz » est un grand bazar multi-financé, euro-coproduit et pluri-subventionné, déjà plusieurs fois rodé en France et en Angleterre. Ce n’est même pas une création pour Marseille-Provence Capitale tagada 2013. Cela ne devait pas les inspirer. Generik Vapeur est cependant la figure de proue (la tête pensante ou la main agissante ?) de La Cité des Arts de la Rue (Territoire d’Expérimentation et de Développement dédié aux Arts de la Rue à Marseille), fromage qui fait la fierté de la Cité Phocéenne et que le reste du monde envieux nous envie.
On aimerait être plus indulgent, mais on attendait davantage, une heureuse surprise. Hélas, on a déjà vu cent fois mieux et surtout plus inspiré. Les spectacles-parades inoubliables et authentiquement fabuleux de Royal de Luxe (filmé ici à Liverpool en 2012) et les audaces du turbulent Cirque Archaos pour ne citer que ceux-là. Waterlitz qui se voudrait un grand machin foutraque, une machine poétique détraquée, manque de vapeur, manque de souffle, d’imaginaire neuf et de la générosité nécessaires pour nous emporter. Dommage, on était partant.
p.c.c. Statler & Waldorf.
PORTRAIT DU CAPITALISME EN ARTISTE.
« (…) Le capitalisme artiste a ceci de caractéristique qu’il crée de la valeur économique par le biais de la valeur esthétique et expérientielle : il s’affirme comme un système concepteur, producteur et distributeur de plaisirs, de sensations, d’enchantement. Moyennant quoi l’une des fonctions traditionnelles de l’art se trouve prise en charge par l’univers entrepreneurial. Le capitalisme est devenu artiste en ce qu’il est systématiquement engagé dans des opérations qui, faisant appel aux styles, aux images, au divertissement, mobilisent les affects, les plaisirs esthétiques, ludiques et sensibles des consommateurs. Le capitalisme artiste est cette formation qui branche l’économique sur la sensibilité et l’imaginaire ; il repose sur l’interconnexion du calcul et de l’intuitif, du rationnel et de l’émotionnel, du financier et de l’artistique. Sous son règne, la recherche rationnelle du profit s’appuie sur l’exploitation commerciale des émotions via des productions de dimensions esthétiques, sensibles, distractives. A l’âge hypermoderne, la « cage de fer » (Weber) de la rationalité instrumentale et bureaucratique a réussi l’exploit d’assimiler, d’intégrer son contraire : la dimension personnelle et intuitive, imaginaire et émotionnelle. » (…)
(…) « Célébrant les valeurs de mobilité et d’épanouissement individuel, d’engagement et d’identification personnels au travail, le capitalisme a réussi à récupérer les dénonciations artistes du capitalisme. »
L’ESTHETISATION DU MONDE. VIVRE A L’AGE DU CAPITALISME ARTISTE. GILLES LIPOVETSKY, JEAN SERROY. Gallimard. 2013.
Un livre brillant, limpide ; la multiplication des exemples que nous avons tous les jours sous les yeux, auxquels nous n’échappons pas est vertigineuse. Le capitalisme artiste a plusieurs longueurs d’avance sur ceux qui imaginent timidement pouvoir le réformer, quant au dernier carré de ceux qui attendent le dernier train pour le Grand Soir, on n’est bien obligé de leur dire que le train est passé et que la gare va fermer.
Youn Sun Nah – Lament
FJ5C. Le 26 juillet à Marseille. Youn Sun Nah 4tet et Hiromi Uehara trio.
Paroles du jour
J’écume
(Alain Bashung- Jean Fauque 1991)
Au large les barges se gondolent dans le roulis
Ici on cuit au bain-marie
Un coup j’te lave un coup tu m’essuies
Ici on se botte
On se débecte
Et les mouettes se délectent
De nos anecdotes
Au large les barges se gondolent dans le roulis
Ici on suit des bikinis
Les jours de grève le sable s’ennuie
On se prélasse
Dans les grandes surfaces
Là où se pressent les huiles
Et les bigorneaux
J’écume
J’m'enrhume
J’ai qu’une idée
Eternuer
Te retourner le canoë
Etre le dernier à s’éterniser
Sur ton corps alangui
(…)
Sous l’eau. En noir & blanc.
Ross McDonnell



Photographe Ross McDonnell
J1

DJ Rapsode. The Carrosserie. Marseille.

Peinture fraîche.
Sujet à haute tension.
La bataille fait rage. L’inquiétude est à son comble. Attention, le sujet est lourd et délicat à la fois, on arrête de rigoler avec la côte de popularité de François Hollande, la hausse du chômage, les primes de Guéant et les menaces d’AQMI, il s’agit de l’éventuelle interdiction aux moins de 18 ans à la télévision (« QUOI ! DE LA CENSURE ? ») du dernier clip de Xavier Dolan réalisé pour une chanson d’Indochine, « College boy« . La violence visuelle en serait insoutenable pour des adolescents vulnérables.
Ayant enfilé une culotte courte, une chemisette sans manche, un blaser bleu marine et m’étant collé une sucette Pierrot Gourmand dans la bouche pour me mettre dans le contexte, j’ai vu et écouté la chose. Autant le dire tout de suite, je n’ai jamais été très perméable au charme phtisique, languide et suranné d’Indochine, ni au nom, ni à la musique, ni aux paroles, ni aux voix acidulées. J’avoue avoir été plus réceptif dans les années 80 à la sueur puissante de Little Bob et de Bernie Bonvoisin et au parfum lourd de Catherine Ringer. Néanmoins, je m’efforcerai d’être objectif.
Dans les paroles, College boy raconte l’histoire d’un gamin qui rêve de pouvoir en tripoter un autre et souligne à plusieurs reprises qu’il en a parfaitement le droit; d’autre part il se plaint que sa « différence » n’est pas appréciée par ses condisciples et que ce n’est donc pas toujours facile pour lui de s’insérer harmonieusement dans le groupe. Un sujet sociétal donc (De l’homophobie en univers scolaire huppé supérieur comme le révèleront les images). Le tout est fagoté d’une plume sentimentalo-poétique-jeune avec petits bouts en anglais basique accessibles aux moins polyglottes : « I want to see you ». Musicalement, ça sirupe entre ritournelle light mais habile pour top cinquante (en phase 1) et musique d’ambiance pour centre commercial (quand le buzz sera retombé). Visuellement, c’est filmé très martyr de Saint Sébastien reloaded, avec une application maniérée néo-sulpicienne, en noir et blanc verni, format tv rétro sixties. On découvre donc le bel adolescent sus-mentionné, modèle éphèbe aryen transi, élégamment introverti, délicieusement pâle, douloureusement consentant, incapable de toute résistance, devenir le souffre-douleur de ses petits camarades hétérosexuels qui progressivement le harcèlent à coup de boulettes en papier, de ballon de basket (un jeu auquel il se révèle pourtant étonnement adroit), puis déchirent ses affaires, le couvrent de gnons. La conspiration du silence est habilement suggérée par des plans où les protagonistes auteurs des sévices et les témoins complices passifs ont tous les yeux bandés. A la fin de l’histoire, l’adonis victimaire n’est pas criblé de flèches, mais crucifié (gros plan du clou), mitraillé au 11,43 et même électro-taserisé. Dans le plan final en contre plongée cette belle âme dit sobrement « merci » sans que l’on sache bien si c’est au producteur, au chanteur, au metteur en scène ou au spectateur. A mes yeux, c’est le seul plan franchement inquiétant et répugnant. Fin de l’opus.
Voilà l’affaire. D’un côté on crie au génie, Xavier Dolan apparait comme une sorte de nouveau Leos Carax spécialisé dans les sujets LGBT (…Times are a changin’). Plus follement tendance, on trépasse. De l’autre côté on s’affole, on frissonne, on voudrait protéger, cacher, et pourquoi pas, interdire. A l’heure où j’écris ces lignes fébriles, on ne sait toujours pas si une manif est prévue, ni ce qu’en pensent Frigide Barjot ou Alain Finkielkraut.
Pour tous les pré-pubères qui se sont déjà tapé à 11 ans, l’intégrale de Wes Craven, le best of de George Romero, la compile de Sam Raimi et les meilleurs Dario Argento plus quelques autres trucs entre porno et gore pour rigoler avec les copines la nuit d’Halloween quand les parents dorment, le choc n’est peut-être pas aussi épouvantable que semble le craindre Madame Françoise Laborde, membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et auteure à succès de Pourquoi ma mère me rend folle, Ma mère n’est pas un philodendron, Pas de panique Maman est là ! , entre autres succès de librairie devant figurer dans toutes les bonnes bibliothèques familiales.
Je rigole, mais j’ai tort.
Rubrique : Ils pensent comme moi, donc ils ont raison. Ici. Et là, la critique de Vincent Jost qui fort à propos cite le célèbre papier de Rivette « De l’Abjection. A propos du travelling de Kapo » (Pontecorvo 1959) : « Voyez cependant dans « Kapo », le plan où Riva se suicide, en se jetant sur les barbelés électrifiés ; l’homme qui décide, à ce moment, de faire un travelling avant pour recadrer le cadavre en contre-plongée, en prenant soin d’inscrire exactement la main levée dans un angle de son cadrage final, cet homme n’a le droit qu’au plus profond mépris. »
Jojo la Moto

George Monneret et sa Koehler Escoffier 1000ACT (200 km/h en 1935). Via Southsiders.
George Monneret : (1908-1983) 499 victoires en compétition et 183 records du monde.

DAMIR DOMA

Pale grey leather strap Falco high-top sneakers. High-top padded leather sneakers in pale grey. Perforations and tonal suede panels throughout. Round toe. Tonal lace-up closure. Padded tongue. Leather strap accents at interior and exterior faces. Padded heel collar with pull-loop. Textured foxing at toe and heel. Tonal stitching. Leather, synthetic. Made in Italy. 635 € la paire.
Tom Waits/Cookie Monster – Hell Broke Luce
Brain snatchers.
Trouvé chez Arun.
Moralisation des hommes politiques, le président Tchétchène donne l’exemple.

Pas de débat parlementaire inutile, d’atermoiements juridiques ni de tergiversations médiatiques décadentes à Grozny. Prenant le taureau par les cornes à deux mains chaussées de gants de boxe, le viril, valeureux et toujours alerte président Tchétchène Ramzan Kadyrov, a corrigé la copie et donné une bonne leçon de morale civique à son Ministre des Sports, Salambek Ismaïlov qui s’en est pris plein la poire pendant deux rounds sur le ring pour avoir négligé l’entretien de locaux de son Ministère au profit de son embonpoint sans doute. Le président Ramzan « Rocky » Kadyrov a déclaré qu’il était « efficace de punir de cette façon les manquements de responsables officiels ». D’ailleurs le Ministre du Travail Akhmadov a été informé que faute d’un meilleur comportement, il pourrait bien être le prochain sur la liste. La chaîne russe NTV a retransmis les meilleurs moments du match.
La réponse d’un vieux con aux jeunes cons anonymes qui l’ont élu.
Je ne suis pas toujours d’accord avec Philippe Bilger, mais je le trouve très en forme aujourd’hui à propos du Mur des Cons découvert au siège du syndicat de la magistrature et sur lequel il figure avec la crème de la droite. Et je souscris à l’essentiel de ses propos : » (…) Quelle présomption il faut, pour qualifier ainsi sommairement, brutalement autrui, précisément ciblé, coupable de penser autrement ! Quelle vanité pour se poser aussi naturellement en modèles quand la réalité dévaste si souvent la haute opinion qu’on a de soi ! C’est le contraire absolu du « Penser sans garde-fou » enseigné par Hannah Arendt. Pour le SM, penser n’est concevable que dans le confort : qu’elle est belle, la gauche ! Quelle imprudence intellectuelle et politique, pour un Syndicat déjà gangrené et amoindri par l’idéologie, de manifester ainsi, de manière aussi ostensible, partisane, ses choix, ses préjugés et ses réflexes ! (…) Ce Mur des cons met en lumière, en apothéose déprimante les cons du Mur. »






